Faisant preuve de courage, et admettons le d’un peu d’inconscience tu as quitté ton pays natal et tu as mis le cap vers les Pays-Bas où tu mènes depuis une existence faite de surprises en tous genre.

À ce stade de l’histoire il y a deux solutions. Ou tu détestes ta terre d’accueil et tu vas te tirer à la moindre occasion pour un endroit où des fois il fait plus de 13 degrés, ou tu adores même si tu ne comprends pas toujours très bien pourquoi et projettes de rester ici indéfiniment.

Si tu fais partie de la deuxième catégorie tout n’est pas gagné pour autant. Ce n’est pas parce que tu aimes les Pays-Bas que les Pays-bas t’aiment. Pour cette terre habituée à l’expatriation tu es une petite sangsue comme les autres, là pour contribuer à l’économie et vivre dans un univers parfaitement parallèle à celui des locaux qui ne te voient pas quand tu marches dans la rue. Rapport au fait que niveau taille tu leur arrives au genoux et que les mecs aiment bien regarder droit devant eux quand ils avancent. Pourtant tout n’es pas perdu, cette vision blasé du Nederlander pour le touriste  expatrié n’est que le résultat d’un constat que moi même je ne peux réfuter. Beaucoup ne cherchent pas vraiment à s’intégrer,
Pourquoi faire? Après tout les mecs mangent du choux hiver comme été, l’anglais se substitue facilement à leur langue barbare et ils n’ont même pas inventé le camembert. Tu ne peux cautionner cela alors que tu viens de la patrie des lumière, et si il y a de la lumière c’est que le jour ne tombe pas à 16 heures, tu n’y peux rien, c’est dans tes gênes.
Certes, mais tu ne peux pas repprocher au local qui a du affronter des conditions météorologiques particulièrement éprouvantes dès le berceau de te trouver petite nature et de ne pas désirer entrer en interraction avec toi.

Pourtant il te suffirait de faire un effort pour enfin te sentir comme faisant partie de cette faune locale bien plus passionnante qu’on ne le pense!

Alors comment t’intégrer et comment faire en sorte d’être pris au sérieux en tant que résident des Pays-Bas?

Intégration niveau facile

L’épreuve du bitterballen:

On va commencer doucement, il ne s’agirait pas de se froisser un muscle. Un corps on en a qu’un seul on ne va pas se l’abimer. Donc petit orteil va doucement rencontrer l’eau vivifiante de la mer du Nord. Le plus important c’est avant tout de faire preuve de bonne volonté.

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Le bitterballen est une petite boule frite pannée remplie d’une mixture non identifiée mais pourtant assez savoureuse.
Certains enthousiastes drogués à l’optimisme affirment qu’il s’agit d’une sauce béchamel aromatisée à la viande (en général du veau issu d’un élevage biologique), d’autres, lucides, affirment plutôt qu’il s’agit de tapioca dilué à l’eau et mélangé à de la chair de pigeon bouillie (franchement vu l’invasion de volatiles puants à Amsterdam, tu vas regretter la disparition d’une minorité d’entre eux toi? Moi non).

Mise en situation : Te la jouant aventurier de l’extrême qui méprise le Coco’s Outback, tu pénètres dans un brown bar.
La patronne te voyant entrer, te jette un oeil torve avant de tirer goulument sur sa gitane maïs et de monter le son de son téléviseur parceque tu n’as pas ouvert la bouche qu’elle a déjà envie de mourir. Quand elle a inauguré son établissement en 1948, le Jordaan n’était pas encore un quartier plein d’expatriés Hipster à qui elle refuse de parler anglais malgré son bilinguisme avéré.

C’est là que tu interviens et annonce de but en blanc comme le fou furieux que tu es que tu aimerais une assiette de bitterballen. Dans les yeux de la tenancière rien ne se passera, elle hochera la tête avant de la tourner lentement vers une porte entrouverte d’où s’échappe un effluve de gras et hurlera quelque chose avant de reporter son attention sur son téléviseur à tube cathodique. Ne te laisse pas démonter, en son for intérieur la matronne qui peine à se dépêtrer de sa dépression depuis qu’elle a dû ajouter du humus et des bâtonnets d’avocat-sésame à sa carte, te remercie et durant l’espace d’un instant elle parvient à se souvenir pourquoi jadis elle aimait son métier. Libre à toi ensuite de manger ou pas la petite croquette, l’important est que les locaux du rade pensent que tu t’es regalé (au pire refile les moi, j’adore ça!).

Intégration niveau intermédiaire

Apprendre à faire du velo comme un vrai. 

Tu es confus car je t’ai dit en début d’article que je ne voulais pas que tu te foules un muscle et voila que je te parle de faire du vélo alors que tout le monde sait qu’à l’issue de ce paragraphe tu auras probablement perdu la vie. Pourtant la byciclette étant le moyen de transport exclusif au village, tu n’as pas le choix, il faut mouiller la chemise (coucou expression estivale datant de 1998).

 

L'autre jour j'ai vu un enfant de deux ans sur sa petite bicyclette sans stabilisateurs. JE TE JURE JE NE MENS PAS.

L’autre jour j’ai vu un enfant de deux ans sur sa petite bicyclette sans stabilisateurs. JE TE JURE JE NE MENS PAS.

 

Mise en situation: Le monde cycliste amstellodamois ressemble à une zone de non-droit où les lois en vigueur n’ont plus cours et je te l’accorde c’est flippant, mais … n’as-tu jamais rêve de pouvoir laisser libre cours à tous tes plus bas instincts? Ultra violence, pratiques sexuelles déviantes, attitude régressive, tout être humain a au fond de lui une partie qu’il ne laissera jamais s’exprimer sous peur de se retrouver en prison. Eh bien c’est le moment de lancer des majeurs affirmés à quiconque aura un visage qui ne te revient pas. Coups, bousculades, cris de rage, fais-toi du bien en lâchant toutes les tensions de la journée gråce à cette catharcis quotidienne.

Bien sûr il est possible que tu doives te battre, il est même possible que tu n’y survives pas, mais après tout quel goût a la vie sans un soupçon de piment subversif? Alors n’hésite plus : double, ne freine pas, et insulte copieusement ceux qui respectent le Code de la route.

 

Plus trois points si tu commentes en direct tes aventures sur Instagram

Plus trois points si tu commentes en direct tes aventures sur Instagram

 

Intégration niveau confirmé

Apprendre à parler le Néerlandais. 

Oui je sais, tu t’es dit l’espace d’un instant que tu allais y couper. Je suis désolée de faire preuve d’un tel archaïsme old-school-qu’on-dirait-ta-grand-mère mais si tu veux t’intégrer dans un pays il faut en parler la langue (ou passer directement au niveau champion, mais cela ne fera que repousser l’échéance sans l’annuler pour autant).
Donc si tu projettes de rester aux Pays-Bas tu dois apprendre le néerlandais. Oui je sais, même si tu es parfaitement bilingue les autochtones alentours continueront de te parler anglais. Dans leurs jours de grande bonté ils se contenteront de te reprendre sur un ton qui tient plus de l’aboiement que du mot d’amour. Tant pis, tu ne peux pas dénigrer les gens qui viennent s’installer en France en leur reprochant de ne pas faire d’efforts pour s’intégrer et faire exactement la même chose 600 km plus au nord.

Mise en situation : Heureusement il existe plein de façons amusantes d’apprendre le néerlandais. Tu peux prendre des cours avec la mairie d’Amsterdam qui te dispense des leçons gratuites (pour que tu ne viennes pas raler ensuite que personne ne t’a tendu la main). Ou bien tu peux choisir de suivre un cursus intensif de quelques mois.

Tu peux aussi décider de t’acoquiner avec un local au nom délicieusement exotique, l’amour et le désir sexuel font généralement des merveilles et non seulement tu oublieras définitivement ton ex mais tu verras aussi les choses sous un angle plus authentique (qui n’a jamais pris une cuite dans l’unique brown bar d’Akersloot n’a pas pleinement vécu).

Si les amitiés franco-néerlandaises sont difficiles à créer, nos camarades bataves n’ont en revanche aucun problème à explorer les choses de la vie avec des gens de tous horizons, pourvu que ces derniers soient visuellement à leur gout. Il est donc temps de se faire Plaisir puisqu’après tout techniquement c’est l’été!

Attention cependant cette option risque de te mener tout droit au niveau suivant.

Intégration niveau champion :

Fabriquer un bébé Néerlandais

Ce niveau outrepasse tous les précédants, tu peux avoir débarqué il y a dix minutes, tu peux détester les bitterballen (mais pourquoi sérieusement? C’est délicieux!), tu peux refuser de boire ton Dom Perignon dans un verre Duralex, ne pas savoir faire de vélo “sans les petites roues” et parler exclusivement le patois pyrénnéen tout ceci deviant caduque lorsque tu fabriques un enfant néerlandais.

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Huuum lekker!

Mise en situation : La nature n’en a rien à cirer que tu viennes de France et que le local vienne de sa localité. La nature en revanche adore la médecine du cru qui ne sait pas poser les contraceptifs correctement. Ces deux conditions réunie, la conception d’un enfant néerlandais n’est pas éminament compliquée. Je ne vais pas te faire un dessin, on a tous trainé nos guêtres sur Tinder.

A ce stade de l’histoire tu es donc a moitié responsable de la construction d’un être humain qui dans trois ans parlera mieux Dutch que toi au bout de 30, dans tes rêves les plus fous. Ce même humain qui fera du vélo à six mois sera donc une caution d’intégration parfaite. Tu as contribué au dévelopment nataliste du Pays, tu as rempli ta part. Bravo, tu peux te reposer. Du moins pendant les deux prochaines années.

Parceque petit Danni ne va pas tarder à aller à l’école et ne t’imagine pas qu’il n’aura pas besoin de toi pour assister aux réunions de parents d’élèves ou faire ses devoirs. Concevoir un enfant Néerlandais t’offre donc un doux sursis pendant quelques années et te hisse au niveau champion de l’intégration mais le retour de baton sera rude puisque rapidement on attendra de toi que tu maitrises mieux que quiconque les us et coutumes de ta terre d’adoption. Et de la terre natale de ton petit. Eh ouais.

 

Et toi? Comment fais-tu pour t’intégrer?

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