Les Pays-Bas c’est plein de Néerlandais. Je sais que la question de l’expatriation et du tourisme de masse aime gratouiller ta corde populiste en te faisant croire qu’on n’est plus chez nous en Hollande (alors qu’en vrai, de toutes façons, chez toi c’est Paris) mais il reste quand même un bon paquet de locaux, surtout si tu quittes le quartier rouge. Pour peu que tu sois célibataire et open, les probabilités que tu en rencontres un sont donc plutôt élevées.

Mais en fait, ça donne quoi quand on vit avec un Dutch ?

Petit tour d’horizon avec cet article (NDLR, cet idée d’article m’a été soufflée par Amandine puis fortement inspiré par un thread Facebook où on a bien rigolé).

 

La question de la nourriture

Désolée pas désolée mais si tu ne manges pas tu meurs, alors, si, cette question est très importante.
J’aurais pu appeler ça la question du fromage mais les Néérlandais sont assez raisonnables dans l’ensemble et savent apprécier le cantal à sa juste valeur. D’ailleurs, le Néerlandais aime bien manger et c’est surement ça le problème.
Le terme bien aimer manger est criant de tempérance et de tiédeur.
Le terme bien aimer manger s’applique à des gens qui n’ont aucun complexe à ériger en patisserie de Saint Nicolas quelque chose qui, visuellement, fait atrocement penser à une croquette pour chien .

Toi tu viens d’une contrée passionnée où la seule raison pour laquelle le manger n’est pas sacré, c’est que le mot sacré est bien trop faible pour exprimer ce que l’on ressent vraiment pour les arts de la table. Le manger c’est une raison de vivre qui mérite qu’on y consacre les 7 jours de la semaines et les 16 heures de la journée durant lesquelles on ne dort pas. Le contexte est primordial, il y a une temporalité à appliquer et surtout de nombreuses règles à respecter. Ton mec lui est normal, du coup une fois son déjeuner fini il ne ressent pas immédiatement le besoin de planifier le repas du soir. Il trouve qu’il y a plein d’autres sujets de conversations qui valent aussi le coup dans la vie. Toi tu ne sais pas bien si tu vas réussir à lui pardonner la fois où il a servit la tarte au citron meringuée que tu avais mis 3 heures à confectionner à l’apéro et que ses potes l’ont baffré à la fourchette sans le moindre commentaire élogieux ni même le moindre soupir satisfait.

La question du tempérament

Ce weekend tu reçois de la visite de France. Spécialiste de la gestion des risques (on dirait un intitulé de poste publié sur Linkedin) tu as prévu un programme costaud afin d’épuiser tout le monde. Tu espères qu’ainsi ton local et ta famille n’auront pas l’énergie pour discuter. Contrairement à eux, tu es habituée à partager ton quotidien avec un genre de Jiminy Cricket de 2 mètres de haut, spécialisé dans l’inspection des travaux finis qui te suis à la trace pour évaluer ce que tu fabriques et t’expliquer comment tu pourrais faire mieux.

A ce moment de l’histoire, tu expliques donc au local que son manque de tact ne va pas être compatible avec le sang latin de ta famille. Il ne comprend pas du tout de quoi tu parles parce que tu vois, le problème c’est plutôt que de nos jours les gens sont vraiment trop suceptibles. La preuve : c’est quand même super bizarre la réaction rageuse de ton père quand on lui dit qu’il a un peu de bide ! Lui aussi il a un peu de bide et pourtant il rigole quand on lui fait remarquer !

 

yy8x4wmattng_wd640

 

La question de l’argent

Pour parfaire son opération séduction familiale, le local décide de faire montre de sa transparence financière en commentant le prix des choses qu’il achète. D’ailleurs sa maison a probablement couté mois cher que celle de tes parents, alors qu’elle est plus grande. Mais c’est normal, parce qu’aux Pays-Bas on sait négocier un contrat immobilier, contrairement à la France où les gens se font arnaquer. Comme cette tentative de se faire apprécier en prodiguant quelques conseils immobiliers à tes géniteurs effarés s’avèrent absolument infructueuse, ton local tente quelque chose d’autre : la preuve de son amour envers leur progéniture, aka tézigue.

La logique est implacable : si on offre un cadeau cher à quelqu’un, c’est qu’on l’aime beaucoup. On ne va pas acheter un cadeau cher à quelqu’un que l’on n’aime pas. Sauf que parfois, des cadeaux chers n’en ont pas l’air. Surtout dans les cultures protestantes où l’on n’aime pas l’ostentatoire. Donc imagine si tu penses que la friteuse qu’il t’a offert lui a couté 10 balles alors qu’elle en vaut 100, tu risques de te méprendre sur la nature des sentiments de ton homme, voire vouloir le prendre pour un pingre, alors qu’il sait juste investir son argent avec malice et bienveillance.

Pour éviter toute confusion, il attend que toute ta famille soit réunie pour t’annoncer que le cadeau qu’il te fera à Noël lui a coûté 150 euros. Il glousse, heureux de son effet, comme un enfant de trois ans qui ne se rend pas compte que ses parents sont en train de divorcer sous ses yeux.

 

La question de l’organisation

Mise en situation. On est mercredi soir et à 19 h 00 vous êtes invité à un mariage. L’heure t’indique que les convives auront déjà dîné à ton arrivé et cette fois, tu as prévu le coup en te sustentant au préalable. Cela t’évitera de te nourrir exclusivement de vin blanc et biterganiture. Ne te méprends pas, le problème ce n’est pas la friture, c’est la sauce. Ca serait meilleur avec une petite mayonnaise truffée et une sauce tartare et … à 17 h 00, le local intervient et te demande, avec une inquiétude certaine, si tu penses pouvoir être prête dans une heure. Tu réfléchis, tu dois encore te doucher, te préparer et cuisiner un casse croute rapide, possiblement du poulet aux asperges et aux morilles avec une sauce au vin blanc, à la bonne franquette quoi. D’ailleurs chéri, tu as mangé quoi à midi ? Encore un botterham au salami ? Moi, tu sais ce que j’aime avec du pain de mie brun ? Des tranches de magret grillé avec des lamelles de poire et du gorgonz Le local t’interrompt, il a l’air de plus en plus angoissé. Mais qu’est-ce qu’il a ? Ca commence à 19 h 00, on n’est pas obligé d’y être à pile, si? Si.

19 h 12, vous pénétrez dans une salle comble. Ton Néerlandais, trempé de sueur et fier de son self-control, t’annonce que comme il t’aime, il n’est pas fâché après toi alors qu’on est en retard par ta faute parceque de toutes façon tu es toujours en retard et qu’il est habitué. Tu préfères passer sous silence le moment où il était 19 h 00, que vous étiez encore en train de pédaler et que ses spasmes nerveux ont failli le projeter dans le fossé.

Après avoir félicité 250 personnes, tu avises une amie néerlandaise (tu te la racontes un peu, mais c’est parce que tu n’en as pas beaucoup) a qui tu proposes de se retrouver bientôt pour boire un verre dans un endroit plus calme. Tu penses l’appeler un soir de la semaine prochaine pour voir si elle est disponible. La copine sort son téléphone qu’elle compulse avec attention. Mercredi 16 janvier à 18 h 00, ça t’irait ?

Et toi quelles sont tes anecdotes spéciales mixité franco-néerlandaise ?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

clear formSubmit